MonMedoc ← CARMUSTINE ACCORDPHARMA 300 mg, poudre et solvant pour solution à diluer pour perfusion

1. DENOMINATION DU MEDICAMENT

CARMUSTINE ACCORDPHARMA 300 mg, poudre et solvant pour solution à diluer pour perfusion

2. COMPOSITION QUALITATIVE ET QUANTITATIVE

Carmustine........................................................................................................................... 300 mg

Pour un flacon de poudre pour solution à diluer pour perfusion.

Après reconstitution et dilution (voir rubrique 6.6), un mL de solution contient 3,3 mg de carmustine.

Excipients à effet notoire :

Chaque flacon de solvant contient 9 mL d’éthanol anhydre (équivalent à 7,11 g).

Pour la liste complète des excipients, voir rubrique 6.1.

3. FORME PHARMACEUTIQUE

Poudre et solvant pour solution à diluer pour perfusion.

Poudre : poudre ou lyophilisat jaune pâle.

Solvant : solution limpide et incolore.

Le pH et l’osmolarité des solutions pour perfusion diluées prêtes à l’emploi sont :

pH : 3,2 à 7,0 dilué dans une solution injectable de chlorure de sodium à 9 mg/mL (0,9 %) ou dans une solution injectable de glucose à 50 mg/mL (5 %)

Osmolarité : 340 à 400 mOsm/L (dilué dans une solution injectable de glucose à 50 mg/mL (5 %) ou dans une solution injectable de chlorure de sodium à 9 mg/mL (0,9 %)).

4. DONNEES CLINIQUES

4.1. Indications thérapeutiques

La carmustine est indiquée chez l’adulte dans le traitement des néoplasmes malins suivants en monothérapie ou en combinaison avec d’autres agents antinéoplasiques et/ou d’autres mesures thérapeutiques (radiothérapie, chirurgie) :

· Tumeurs cérébrales (glioblastome, gliomes du tronc cérébral, médulloblastome, astrocytome et épendymome), tumeurs cérébrales métastatiques ;

· Thérapie secondaire dans le traitement du lymphome non hodgkinien et de la maladie de Hodgkin ;

· Tumeurs du tractus gastro-intestinal ;

· Mélanome malin en association avec d'autres médicaments antinéoplasiques ;

· Comme conditionnement avant une greffe autologue de cellules souches hématopoïétiques (CSH) en cas de malignités hématologiques (maladie de Hodgkin/lymphome non hodgkinien).

Posologie

Doses initiales

La dose recommandée de CARMUSTINE ACCORDPHARMA en monothérapie chez des patients naïfs de tout traitement est de 150 à 200 mg/m2 par voie intraveineuse toutes les 6 semaines. Celle-ci peut être administrée en une dose unique ou répartie en perfusions quotidiennes, par exemple de 75 à 100 mg/m2 sur deux jours consécutifs.

Lorsque CARMUSTINE ACCORDPHARMA est utilisé en association avec d’autres médicaments myélosuppresseurs ou chez des patients présentant une insuffisance médullaire, les doses doivent être adaptées en fonction du profil hématologique du patient tel qu’indiqué ci-après.

Suivi et doses ultérieures

Un cycle de traitement répété de CARMUSTINE ACCORDPHARMA ne doit pas être administré avant que les cellules sanguines circulantes soient revenues à des niveaux acceptables (taux de plaquettes supérieur à 100 000/mm3, taux de leucocytes supérieur à 4 000/mm3), et ce laps de temps est généralement de six semaines. La numération globulaire doit faire l’objet d’un suivi fréquent et des cycles de traitement répétés ne doivent pas être administrés avant six semaines en raison d’une toxicité hématologique différée.

Les doses ultérieures à la dose initiale doivent être adaptées en fonction de la réponse hématologique du patient à la dose précédente, en monothérapie ainsi que dans le cadre d’une thérapie combinée avec d’autres médicaments myélosuppresseurs. Le tableau suivant propose quelques recommandations quant à l’adaptation de la dose.

Tableau 1

Nadir après la dose précédente

Pourcentage de la dose précédente à administrer, %

Taux de leucocytes/mm3

Taux de plaquettes/mm3

> 4 000

> 100 000

100 %

3 000 - 3 999

75 000 - 99 999

100 %

2 000 - 2 999

25 000 - 74 999

70 %

< 2 000

< 25 000

50 %

Dans les cas où le nadir après la dose initiale ne se trouve pas sur la même ligne pour les leucocytes et les plaquettes (par exemple, un taux de leucocytes supérieur à 4 000 et un taux de plaquettes inférieur à 25 000), la valeur donnant le pourcentage de la dose initiale le plus faible doit être utilisée (par exemple, pour un taux de plaquettes < 25 000, un maximum de 50 % de la dose précédente doit être administré).

La période d’application du traitement par la carmustine n’est pas limitée. Si la tumeur demeure incurable ou si des effets indésirables graves ou intolérables apparaissent, le traitement par carmustine doit être arrêté.

Conditionnement avant une greffe de CSH

Avant une greffe de CSH chez des patients souffrant de malignités hématologiques, CARMUSTINE ACCORDPHARMA est administré en association avec d’autres agents chimiothérapeutiques à une dose de 300 à 600 mg/m2 par voie intraveineuse.

Populations particulières

Population pédiatrique

Carmustine est contre-indiquée chez l’enfant et l’adolescent de moins de 18 ans (voir rubrique 4.3).

Personnes âgées

De manière générale, la sélection de la dose pour un patient âgé doit se faire avec prudence, la dose initiale habituelle se situant dans la limite inférieure de l’intervalle de doses, étant donné que la diminution des fonctions hépatique, rénale ou cardiaque est plus fréquente. Elle doit également tenir compte de maladies concomitantes ou de traitements concomitants par d’autres médicaments.

Dans la mesure où les patients âgés sont plus susceptibles de présenter une diminution de la fonction rénale, il convient de faire preuve de prudence lors de la sélection de la dose ; le débit de filtration glomérulaire doit être surveillé et la dose réduite en fonction.

Insuffisance rénale

Pour les patients insuffisants rénaux, la dose de CARMUSTINE ACCORDPHARMA doit être réduite si le débit de filtration glomérulaire est réduit.

Mode d’administration

Pour une administration par voie intraveineuse après reconstitution et dilution.

Lors de la reconstitution au moyen du solvant fourni, une solution mère doit être préparée en ajoutant de l’eau stérile supplémentaire pour préparations injectables. La reconstitution et la dilution, comme recommandées, conduisent à une solution mère limpide, incolore à jaune clair qui doit ensuite être diluée avec une solution injectable de chlorure de sodium à 9 mg/mL (0,9 %), ou avec une solution injectable de glucose à 50 mg/mL (5 %).

La solution pour perfusion prête à l’emploi qui en résulte doit ensuite être administrée immédiatement par perfusion intraveineuse sur une période d’une à deux heures à l’abri de la lumière. La durée de la perfusion ne doit pas être inférieure à une heure, faute de quoi une brûlure et une douleur au niveau de la zone d’injection. La zone d’injection doit être surveillée durant l’administration.

Pour les instructions concernant la reconstitution et la dilution du médicament avant administration, voir la rubrique 6.6.

4.3. Contre-indications

· Hypersensibilité à la substance active, à d’autres nitrosourées ou à l’un des excipients mentionnés à la rubrique 6.1.

· Dépression médullaire sévère

· Insuffisance rénale (terminale) sévère

· Enfants et adolescents

· Allaitement.

4.4. Mises en garde spéciales et précautions d'emploi

Une toxicité pulmonaire caractérisée par une infiltration pulmonaire et/ou une fibrose pulmonaire a été observée avec une fréquence allant jusqu’à 30 %. Celle-ci peut survenir au cours des trois premières années de traitement et s’avère être en relation avec la dose, des doses cumulées comprises entre 1 200 et 1 500 mg/m2 étant associées à un risque accru de fibrose pulmonaire. Les facteurs de risque incluent le tabagisme, l’existence d’une pathologie respiratoire, des anomalies radiologiques préexistantes, une irradiation thoracique séquentielle ou concomitante et l’association avec d’autres facteurs entraînant des lésions pulmonaires. Des études de la fonction pulmonaire de base et une radiographie du thorax doivent être réalisées ainsi que des tests fréquents de la fonction pulmonaire pendant le traitement. Les patients ayant une valeur initiale inférieure à 70 % de la capacité vitale forcée (CVF) ou de la capacité de diffusion du monoxyde de carbone (DLCO) prévue présentent particulièrement un risque.

Un risque accru de toxicités pulmonaires a été rapporté chez les femmes lors de traitements avec des schémas de conditionnement et de greffes de CSH. À ce jour, ce risque accru est décrit pour le traitement en tant que tel, qu’il s’agisse de schémas de conditionnement sans carmustine (p. ex. TBI ou busulfan-cyclophosphamide) ou avec carmustine (BEAM : carmustine, étoposide, cytarabine et melphalan ou CBV : cyclophosphamide, carmustine et étoposide).

Il a été démontré qu’un traitement par carmustine à haute dose (en particulier à la dose de 600 mg/m²) avant une greffe de cellules souches hématopoïétiques augmente le risque d’incidence de toxicités pulmonaires et leur sévérité. Par conséquent, l’utilisation de carmustine doit être mise en balance avec les risques chez les patients qui présentent d’autres risques de toxicités pulmonaires.

Le traitement par carmustine à haute dose s’accompagne d’une augmentation du risque d’infections, de toxicité cardiaque, hépatique, gastro-intestinale et rénale, de maladies du système nerveux et de troubles électrolytiques (hypokaliémie, hypomagnésémie et hypophosphatémie) et de la sévérité de ces atteintes.

Les patients souffrant de comorbidités et présentant un état pathologique plus défavorable sont exposés à un risque plus élevé d’effets indésirables. Ceci doit être pris en considération, en particulier chez les patients âgés.

Les fonctions hépatique et rénale doivent également être vérifiées avant le traitement et suivies régulièrement au cours du traitement (voir rubrique 4.8).

Lors d’un traitement avec des agents chimiothérapeutiques, une entérocolite neutropénique peut survenir en tant qu’effet indésirable lié au traitement.

La carmustine est cancérigène chez les rats et les souris à des doses inférieures à la dose recommandée chez l’homme en fonction de la surface corporelle (voir rubrique 5.3).

La toxicité médullaire est un effet indésirable toxique fréquent et grave de la carmustine. La numération globulaire complète doit faire l’objet d’un suivi fréquent pendant au moins six semaines après l’administration d’une dose. Si le nombre de plaquettes, de leucocytes ou d’érythrocytes circulants diminue du fait d’une chimiothérapie antérieure ou pour un autre motif, la dose doit être ajustée, voir le tableau 1, rubrique 4.2. Les fonctions hépatique, rénale et pulmonaire doivent être vérifiées et surveillées régulièrement au cours du traitement (voir rubrique 4.8). Les doses de carmustine ne doivent pas être répétées plus fréquemment que toutes les six semaines.

La toxicité médullaire de la carmustine est cumulative et l’adaptation de la dose doit donc être considérée sur la base de la numération sanguine au nadir des doses précédentes (voir rubrique 4.2).

Une administration directe de carmustine dans l’artère carotide est considérée comme expérimentale et a été associée à une toxicité oculaire.

Avertissement concernant les excipients

Une dose de 600 mg/m2 de ce médicament, administrée à un adulte de 70 kg entrainerait une exposition à 365,66 mg/kg d’éthanol par kg, susceptible de provoquer une augmentation de l’alcoolémie d’environ 60,94 mg/100 mL. À titre comparatif, pour un adulte buvant un verre de vin ou 500 mL de bière, le taux d'alcoolémie devrait être d'environ 50 mg/100 mL. La co-administration de médicaments contenant par exemple du propylène glycol ou de l’éthanol peut entrainer une accumulation d’éthanol et induire des effets indésirables. Ce médicament étant généralement administré lentement sur une durée de 1 à 2 heures, les effets de l’alcool pourraient être réduits.

4.5. Interactions avec d'autres médicaments et autres formes d'interactions

Phénytoïne et dexaméthasone

En association avec des médicaments chimiothérapiques, une activité réduite des médicaments antiépileptiques doit être anticipée.

Cimétidine

Une utilisation concomitante avec la cimétidine conduit à une augmentation différée, importante, suspectée des effets toxiques de la carmustine (due à l’inhibition du métabolisme de la carmustine).

Digoxine

Une utilisation concomitante avec la digoxine conduit à une diminution différée, modérée, suspectée des effets de la digoxine (due à la diminution de l’absorption de la digoxine).

Melphalan

Une utilisation concomitante avec le melphalan augmente le risque de toxicité pulmonaire.

4.6. Fertilité, grossesse et allaitement

Femmes en âge de procréer/contraception chez les hommes et les femmes

Les femmes doivent employer une contraception efficace afin d’éviter une grossesse au cours du traitement et au moins 6 mois après le traitement.

Il convient de conseiller aux patients de sexe masculin d’utiliser une contraception appropriée pendant le traitement par carmustine et pendant au moins 6 mois après le traitement.

Grossesse

La carmustine ne doit pas être administrée aux patientes enceintes. L’utilisation sûre pendant la grossesse n’a pas été établie et les bénéfices doivent par conséquent être soigneusement évalués en fonction du risque de toxicité. La carmustine est embryotoxique chez les rats et les lapins et tératogène chez les rats auxquels des doses équivalentes à la dose humaine ont été administrées (voir rubrique 5.3). Si la carmustine est utilisée pendant la grossesse ou si la patiente contracte une grossesse pendant un traitement par carmustine, il conviendra d’informer la patiente du danger potentiel pour le foetus.

Allaitement

On ne sait pas si la carmustine/ses métabolites sont excrétés dans le lait maternel. Un risque pour les nouveau-nés/nourrissons ne peut être exclu. La carmustine est contre-indiquée pendant l’allaitement et jusqu’à sept jours après le traitement (voir rubrique 4.3).

Fertilité

La carmustine peut altérer la fertilité masculine. Il convient d’informer les patients de sexe masculin du risque potentiel d’infertilité et de recourir à des conseils en matière de fertilité/planification familiale avant un traitement par carmustine.

4.7. Effets sur l'aptitude à conduire des véhicules et à utiliser des machines

La carmustine n’a aucun d’effet ou n’a qu’un effet négligeable sur l’aptitude à conduire des véhicules et à utiliser des machines. Cependant, la possibilité que la quantité d’alcool contenue dans ces médicaments pharmaceutiques puisse diminuer l’aptitude à conduire des véhicules et à utiliser des machines devra être prise en compte.

4.8. Effets indésirables

Résumé du profil de sécurité

Le tableau présente les effets indésirables qui ont été observés au cours du traitement par ce médicament mais qui n’ont pas nécessairement une relation de cause à effet avec le médicament. Étant donné que les essais cliniques sont réalisés dans des conditions très spécifiques, les fréquences des effets indésirables présentées ne reflètent pas forcément les fréquences observées dans la pratique clinique. Les effets indésirables sont généralement inclus s’ils ont été rapportés par plus de 1 % des patients dans la monographie de produit ou des études pivots, et/ou jugés comme étant cliniquement importants. Lorsque des études contrôlées contre placebo sont disponibles, les effets indésirables sont inclus si l’incidence est égale ou supérieure à 5 % dans le groupe de traitement.

Tableau récapitulatif des effets indésirables

Le tableau suivant présente les effets indésirables de la carmustine énumérés selon les classes de systèmes d’organes MedDRA et selon une fréquence présentée par ordre décroissant de gravité : très fréquent (≥ 1/10) ; fréquent (≥ 1/100, < 1/10) ; peu fréquent (≥ 1/1 000, < 1/100) ; rare (≥ 1/10 000, < 1/1 000) ; très rare < 1/10 000) ; fréquence indéterminée (ne peut être estimée sur la base des données disponibles). Les effets indésirables sont classés par ordre de gravité décroissant dans chaque catégorie de fréquence :

Classe de systèmes d’organes MedDRA

Fréquence

Effets indésirables

Infections et infestations

Fréquence indéterminée

Infections opportunistes (y compris d’issue fatale)

Tumeurs bénignes, malignes et non précisées (y compris kystes et polypes)

Fréquent

Leucémie aiguë, dysplasie médullaire - suite à une utilisation à long terme.

Affections hématologiques et du système lymphatique

Très fréquent

Myélosuppression.

Fréquent

Anémie.

Affections du système nerveux

Très fréquent

Ataxie, sensation vertigineuse, céphalées.

Fréquent

Encéphalopathie (traitement à fortes doses et limitation de la dose).

Fréquence indéterminée

Douleurs musculaires, état de mal épileptique, convulsions, crise de grand mal.

Affections oculaires

Très fréquent

Toxicités oculaires, rougeur conjonctivale transitoire et vision floue due à des hémorragies rétiniennes.

Affections cardiaques

Très fréquent

Hypotension, due à la teneur en alcool du solvant (traitement à forte dose).

Fréquence indéterminée

Tachycardie.

Affections vasculaires

Très fréquent

Phlébite.

Rare

Maladie veino-occlusive (traitement à forte dose).

Affections respiratoires, thoraciques et médiastinales

Très fréquent

Toxicité pulmonaire, fibrose interstitielle (avec traitement prolongé et dose cumulée).*

Pneumopathie.

Rare

Fibrose interstitielle (avec des doses réduites).

Affections gastro-intestinales

Très fréquent

Potentiel émétogène.

Nausées et vomissements – aigus.

Fréquent

Anorexie, constipation, diarrhée, stomatite.

Affections hépatobiliaires

Fréquent

Hépatotoxicité réversible, retardée jusqu’à 60 jours après l’administration (traitement à forte dose et limitation de la dose), manifestée par:

une augmentation réversible de la bilirubine;

une augmentation réversible de la phosphatase alcaline;

une augmentation réversible de la SGOT.

Affections de la peau et du tissu sous-cutané.

Très fréquent

Dermatite associée à un usage topique, s’améliore si la concentration du produit préparé est réduite, hyperpigmentation transitoire lors d’un contact accidentel avec la peau.

Fréquent

Alopécie, bouffées vasomotrices (dues à la teneur en alcool du solvant; accrues avec des temps d’administration inférieurs à 1 à 2 heures), réaction au site d’injection.

Fréquence indéterminée

Risque d’extravasation: vésicant.

Affections du rein et des voies urinaires.

Rare

Toxicité rénale.

Affections des organes de reproduction et du sein.

Rare

Gynécomastie.

Fréquence indéterminée

Infertilité, tératogénicité.

Troubles du métabolisme et de la nutrition

Fréquence indéterminée

Anomalies électrolytiques (hypokaliémie, hypomagnésémie et hypophosphatémie)

* Un risque accru de toxicités pulmonaires a été rapporté chez les femmes lors de traitements avec des schémas de conditionnement et de greffes de CSH. À ce jour, ce risque accru est décrit pour le traitement en tant que tel, qu’il s’agisse de schémas de conditionnement sans carmustine (p. ex. TBI ou busulfan-cyclophosphamide) ou avec carmustine (BEAM : carmustine, étoposide, cytarabine et melphalan ou CBV : cyclophosphamide, carmustine et étoposide).

Description de certains effets indésirables

Myélosuppression

La myélosuppression est très fréquente et débute après 7 à 14 jours d’administration avec une disparition après 42 à 56 jours d’administration. La myélosuppression est liée à la dose et à la dose cumulée, et souvent biphasique.

Affections respiratoires, thoraciques et médiastinales.

Fibrose pulmonaire (avec une issue fatale), infiltration pulmonaire.

La toxicité pulmonaire a été observée chez jusqu’à 30 % de patients. Dans les cas où la toxicité pulmonaire est apparue en début de traitement (au cours des trois premières années de traitement), une infiltration pulmonaire et/ou une fibrose pulmonaire sont survenues, dont certaines ont été mortelles. Les patients étaient âgés de 22 mois à 72 ans. Les facteurs de risque incluent le tabagisme, une pathologie respiratoire, des anomalies radiologiques existantes, une irradiation thoracique séquentielle ou concomitante ainsi que l’association avec d’autres substances actives susceptibles d’entraîner des lésions pulmonaires. L’incidence des effets indésirables est probablement liée à la dose; des doses cumulées comprises entre 1 200 et 1 500 mg/m2 ont été associées à un risque accru de fibrose pulmonaire. Au cours du traitement, des tests de la fonction pulmonaire (CVF, DLCO) doivent être effectués régulièrement. Les patients ayant dans ces tests une valeur initiale inférieure à 70 % de la capacité vitale forcée ou de la capacité de diffusion du monoxyde de carbone attendue présentent particulièrement un risque.

Chez les patients ayant reçu de la carmustine durant l’enfance ou l’adolescence, des cas de fibrose pulmonaire apparue extrêmement tardivement (jusqu’à 17 ans après le traitement) ont été décrits.

Une étude de suivi à long terme portant sur 17 patients ayant survécu à des tumeurs cérébrales durant l’enfance a montré que huit d’entre eux ont succombé à une fibrose pulmonaire. Deux de ces huit décès sont survenus au cours des trois premières années de traitement et six d’entre eux 8 à 13 ans après le traitement. L’âge médian des patients décédés au cours du traitement était de 2,5 ans (1-12 ans), l’âge médian des survivants à long terme sous traitement était de 10 ans (5-16 ans). Tous les patients âgés de moins de 5 ans au moment du traitement sont décédés d’une fibrose pulmonaire ; ni la dose de carmustine, ni une dose supplémentaire de vincristine ni une irradiation spinale n’ont eu d’influence sur l’issue fatale.

Une fibrose pulmonaire a été diagnostiquée chez tous les survivants disponibles pour un suivi. L’utilisation de la carmustine chez les enfants et les adolescents âgés de moins de 18 ans est contre-indiquée, voir rubrique 4.3.

Une toxicité pulmonaire s’est également manifestée dans la phase post-commercialisation sous la forme d’une pneumopathie et d’une maladie pulmonaire interstitielle. Une pneumopathie est observée pour des doses > 450 mg/m2 et une maladie pulmonaire interstitielle est observée en cas de traitement prolongé et de dose cumulée > 1 400 mg/m2.

Potentiel émétogène

Le potentiel émétogène est élevé pour des doses > 250 mg/m2 et élevé à modéré pour des doses ≤ 250 mg/m2 Des nausées et des vomissements aigus apparaissent 2 à 4 heures après l’administration et durent pendant 4 à 6 heures.

Toxicité rénale

La toxicité rénale est un effet indésirable rare, mais elle est observée pour des doses cumulées < 1 000 mg/m2.

Déclaration des effets indésirables suspectés

La déclaration des effets indésirables suspectés après autorisation du médicament est importante. Elle permet une surveillance continue du rapport bénéfice/risque du médicament. Les professionnels de santé déclarent tout effet indésirable suspecté via le système national de déclaration : Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) et réseau des Centres Régionaux de Pharmacovigilance - Site internet : : https://signalement.social-sante.gouv.fr

4.9. Surdosage

Le principal symptôme d’une intoxication est une myélosuppression. De plus, les effets indésirables graves suivants peuvent survenir : nécrose du foie, pneumopathie interstitielle, encéphalomyélite. Il n’existe aucun antidote spécifique.

5. PROPRIETES PHARMACOLOGIQUES

Mécanisme d’action

La carmustine est un agent antinéoplasique non spécifique de la phase du cycle cellulaire de type nitrosourée, qui exerce une cytotoxicité tumorale par de multiples mécanismes. En tant qu’agent alkylant, elle peut alkyler les sites réactifs des nucléoprotéines, interférant ainsi avec la synthèse de l’ADN et de l’ARN et la réparation de l’ADN. Elle est capable de former des pontages interbrin dans l’ADN, ce qui empêche la réplication et la transcription de l’ADN. En outre, la carmustine est connue pour permettre la carbamylation des résidus lysine des protéines, entraînant l’inactivation irréversible des enzymes, notamment la glutathion réductase. L’activité de carbamylation de la carmustine est généralement considérée moins importante que l’activité d’alkylation dans son action sur les tumeurs, mais la carbamylation peut servir à inhiber la réparation de l’ADN.

Effets pharmacodynamiques

Les activités antinéoplasiques et toxiques de la carmustine peuvent être dues à ses métabolites. La carmustine et les nitrosourées associées sont instables en phase aqueuse et se dégradent spontanément en intermédiaires réactifs capables d’alkylation et de carbamylation. Les intermédiaires alkylants seraient responsables de l’effet antitumoral de la carmustine.

Cependant, les avis divergent sur le rôle des intermédiaires carbamylants en tant que médiateurs des effets biologiques sur les nitrosourées. D’une part, il a été rapporté que leur activité de carbamylation contribue aux propriétés cytotoxiques de leur médicament parent en inhibant les enzymes de réparation de l’ADN. D’autre part, on a émis l’hypothèse que les espèces carbamylantes peuvent induire certains des effets toxiques de la carmustine

La carmustine traverse la barrière hémato-encéphalique sans difficulté du fait de sa nature lipophile.

Population pédiatrique

La carmustine ne doit pas être utilisée chez les enfants et les adolescents en raison du risque élevé de toxicité pulmonaire.

5.2. Propriétés pharmacocinétiques

Distribution

La carmustine administrée par voie intraveineuse est rapidement dégradée, aucune substance intacte n’étant détectable après 15 minutes. Du fait d’une forte liposolubilité et d’un manque d’ionisation au pH physiologique, la carmustine traverse très bien la barrière hémato- encéphalique. Les taux de radioactivité dans le fluide cérébrospinal sont au moins supérieurs de 50 % à ceux mesurés de façon concomitante dans le plasma. La cinétique de la carmustine chez l’homme est caractérisée par un modèle à deux chambres. Après la perfusion intraveineuse pendant 1 heure, le taux plasmatique de carmustine chute selon un mode biphasique. La demi-vie α est de 1 à 4 minutes et la demi-vie β est de 18 à 69 minutes.

Biotransformation

On pense que les métabolites de la carmustine sont à l’origine des activités antinéoplasiques et toxiques.

Élimination

Approximativement 60 à 70 % d’une dose totale sont excrétés dans les urines en 96 heures et environ 10 % sous forme de CO2 respiratoire. Le sort du produit restant n’est pas connu.

6. DONNEES PHARMACEUTIQUES

6.1. Liste des excipients

Poudre

Pas d’excipients.

Solvant

Ethanol anhydre.

6.3. Durée de conservation

Flacon avant ouverture :

2 ans.

Après reconstitution (solution mère reconstituée) :

La stabilité physico-chimique en cours d’utilisation de la solution mère reconstituée a été démontrée pendant 24 heures à une température comprise entre 2 et 8 °C.

Après dilution (solution diluée pour perfusion):

La stabilité physico-chimique en cours d’utilisation de la solution pour perfusion après dilution dans une solution de chlorure de sodium pour perfusion ou dans une solution glucosée pour perfusion à 5 %, à une concentration finale de 0,2 mg/mL et conservée dans un contenant en verre ou en polypropylène a été démontrée pendant 4 heures à une température comprise entre 20 et 25 °C, à l’abri de la lumière. Ces solutions resteront également stables 24 heures** au réfrigérateur (entre 2 et 8 °C), et 3 heures supplémentaires à une température comprise entre 20 et 25 °C, à l’abri de la lumière.

D’un point de vue microbiologique, sauf si la méthode d’ouverture, de reconstitution et de dilution prévient tout risque de contamination microbienne, le produit doit être utilisé immédiatement. En cas d’utilisation non immédiate, les durées et conditions de conservation en cours d'utilisation relèvent de la responsabilité de l'utilisateur.

** La durée de conservation en cours d'utilisation de 24 heures de la solution diluée finale correspond au temps total pendant lequel la carmustine est en solution, incluant le temps de reconstitution avec l'éthanol et l'eau pour préparations injectables.

Les solutions doivent être protégées de la lumière jusqu’à la fin de l’administration.

6.4. Précautions particulières de conservation

À conserver et transporter réfrigéré (entre 2 °C et 8 °C).

Conserver le flacon dans l’emballage extérieur à l’abri de la lumière.

Pour les conditions de conservation du médicament après reconstitution et dilution, voir la rubrique 6.3.

6.5. Nature et contenu de l'emballage extérieur

Poudre :

Flacon en verre brun scellé par un bouchon gris en caoutchouc bromobutyle et muni d’une collerette en aluminium et d’un opercule en polypropylène.

Solvant :

Flacon en verre transparent scellé par un bouchon en caoutchouc chlorobutyle recouvert de fluoroTec, muni d’une collerette en aluminium et d’un opercule en polypropylène.

Présentations :

· Boîte d’un flacon de 300 mg de poudre et d’un flacon de 9 mL de solvant

· Boîte de 10 flacons de 300 mg de poudre et de 10 flacons de 9 mL de solvant

Toutes les présentations peuvent ne pas être commercialisées.

6.6. Précautions particulières d’élimination et de manipulation

La poudre de carmustine pour solution pour perfusion ne contient pas de conservateurs et n’est pas destinée à un flacon multidose. La reconstitution et les dilutions ultérieures doivent être effectuées dans des conditions aseptiques.

Le produit lyophilisé ne contient pas de conservateurs et ne convient que pour une utilisation unique. Le lyophilisat peut avoir l’apparence d’une poudre fine. Sa manipulation peut toutefois le faire apparaître comme un lyophilisat plus lourd et grumeleux plutôt qu’un lyophilisat poudreux du fait de l’instabilité mécanique du gâteau de lyophilisation. La présence d’un film huileux peut être une indication de la fusion du médicament. L’utilisation de tels produits n’est pas acceptée à cause du risque d’écarts de température de plus de 30 °C. Ce médicament ne doit plus être utilisé. Si vous avez des incertitudes quant au refroidissement adéquat du produit, vous devez immédiatement inspecter chacun des flacons contenus dans la boîte. Pour cette vérification, inspectez le flacon sous une lumière vive.

Reconstitution et dilution de la poudre pour solution pour perfusion

Dissoudre la carmustine (poudre) dans la quantité nécessaire de solvant (éthanol réfrigéré stérile) fournis dans l’emballage primaire (flacon en verre brun). La carmustine doit être complètement dissoute dans l’éthanol avant d’ajouter l’eau stérile pour préparations injectables. Ajouter ensuite de manière aseptique la quantité nécessaire d’eau stérile pour préparations injectables à la solution alcoolique. La solution mère doit être mélangée minutieusement.

Flacon de poudre

Flacon de solvant (éthanol)

Volume nécessaire de solvant (éthanol)

Volume nécessaire d’eau pour préparation injectable

Concentration de la solution mère

300 mg

9 mL

9 mL

81 mL

3,3 mg/mL

Un mL de solution mère reconstituée contient 3,3 mg de carmustine dans 10% d’éthanol. La reconstitution, comme recommandée, résulte en une solution mère limpide, incolore à jaune clair, pratiquement exempte de particules, qui doit ensuite être diluée immédiatement avec la quantité requise de solution injectable de chlorure de sodium à 9 mg/mL (0,9 %) ou de solution injectable de glucose à 5 %,afin d’obtenir une concentration finale de 0,2 mg/mL. La solution diluée (c’est-à-dire la solution prête à l’emploi) doit être mélangée pendant au moins 10 secondes avant l’administration. La solution prête à l’emploi doit être administrée sur une période de 1 à 2 heures.

L’administration de la perfusion doit être effectuée à l’aide d’un set de perfusion en PE sans PVC. Durant l’administration du médicament, le récipient doit être en verre ou polypropylène. De plus, la solution prête à l’emploi doit être protégée de la lumière (par exemple, en utilisant une feuille d’aluminium enroulée autour du récipient de la solution prête à l’emploi) et de préférence conservée à une température inférieure à 20-25 °C, étant donné que la carmustine se dégrade plus vite à des températures plus élevées.

La perfusion de carmustine sur une période plus brève qu'une heure peut provoquer une douleur intense et une brûlure au site d’injection (voir rubrique 4.2).

Les consignes de sécurité pour la manipulation et l’élimination des agents antinéoplasiques doivent être respectées.

Tout médicament non utilisé ou déchet doit être éliminé conformément à la réglementation en vigueur.

7. TITULAIRE DE L’AUTORISATION DE MISE SUR LE MARCHE

ACCORD HEALTHCARE FRANCE SAS

635 RUE DE LA CHAUDE RIVIERE

59000 LILLE

8. NUMERO(S) D’AUTORISATION DE MISE SUR LE MARCHE

· 34009 550 901 5 1 : 300 mg de poudre en flacon (verre) + 9 mL de solvant en flacon (verre), boite de 1.

9. DATE DE PREMIERE AUTORISATION/DE RENOUVELLEMENT DE L’AUTORISATION

10. DATE DE MISE A JOUR DU TEXTE

11. DOSIMETRIE

Sans objet.

12. INSTRUCTIONS POUR LA PREPARATION DES RADIOPHARMACEUTIQUES

Sans objet.

Liste I.

Médicament réservé à l’usage hospitalier.

Prescription réservée aux spécialistes en oncologie ou en hématologie ou aux médecins compétents en cancérologie ou en maladies du sang.

Médicament nécessitant une surveillance particulière pendant le traitement.